Le possible et le réalisable

kant possible et realisable

Ce bon vieux Kant a étourdi le monde avec son histoire de thalers. Je peux bien imaginer, dit le philosophe allemand, avoir de l’argent actuellement dans ma poche. Je peux d’autant plus l’imaginer ou le penser qu’il est parfaitement possible que j’en ai pour la raison que c’est possible et probablement que c’est là d’habitude que je mets mon argent.

Or, de cette possibilité, il ne s’ensuit pas automatiquement que j’ai de l’argent dans ma poche. Il y a donc une différence entre ce qui est possible et ce qui est réel. Pour faire pièce à cette célèbre démonstration, je veux rappeler ici un discours qui l’est beaucoup moins et que l’on entend dans la bouche de certains internautes qui ont pour projet de recourir à nos services médicaux.

Si ils ont peu de doutes sur l’économie qu’ils vont pourvoir faire et même pour certains d’entre eux peu de doutes sur la qualité du médecin qui va les opérer, certains se demandent tout bonnement si leur intervention est réalisable en Tunisie.

La question étant : ce qui est possible à priori est-il réalisable ? Plus concrètement, cela revient à demander si cette opération d’aspiration des graisses, de redressement du nez ou d’exérèse cutanée des bras peut se faire ailleurs que dans le pays d’origine et singulièrement dans notre pays ?

Question légitime et donc kantienne. Ce n’est parce qu’a priori c’est possible , que c’est effectivement réalisable. Le hiatus entre les 2 ordres d’être étant surtout constitué par le fait de la distance qui empêche de se rendre compte.

Eh bien que ces gens là soient rassurés. Le possible et le réalisable en matière d’interventions de chirurgie esthétique sont fondus dans notre pays.Voici 2 arguments pour le prouver.

  • La liste des opérations classiques en chirurgie plastique est finalement assez universelle, ce qui se fait en Europe, se fait ailleurs car grosso modo les indications qui encouragent à consulter sont identiques d’un continent à l’autre.

  • Il y a une unité pratique et technique entre les actes. Si on prend en exemple, la chirurgie maxillo-faciale, on voit que la maîtrise du geste qui cherche à façonner l’ovale du visage conduit aussi à maitriser celui qui atténue les rides du front ou du coin de l’œil.

Il n’y a pas de demi mesure

Quand nos chirurgiens apprennent le socle commun de leur métier ( la chirurgie générale) puis sa déclinaison dans les règles de l’art (en France ou ailleurs) , ils apprennent un corpus global de gestes et de règles théoriques qui sont commun et semblables à leurs collègues d’autres pays.

Il n’y a donc pas de demi-mesure dans l’apprentissage du métier et donc des différentes interventions qui pourront être réalisées. Le reste, c’est-à-dire cet affinement dans les techniques est à la charge de la liberté de chacun d’entre eux, ils peuvent se former à l’occasion de séminaires médicaux et de rencontres scientifiques pour s’approprier tel geste ou telle pratique qui améliore la qualité du soin ou soustrait une partie du nombre d’actions à faire.

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