Une aventure dans les entrelacs physiologiques et psychologiques de la faim

pourquoi jai faim

En théorie, nous devrions êtres tous maigres

Quand on y pense, c’est simple de ne pas prendre de poids. Il suffit de manger équilibré. Mais que veut dire vraiment cette antienne qu’on nous ressasse depuis la petite enfance ? Eh bien qu’en somme, il faut manger des aliments suffisamment variés pour apporter à son organisme la quantité de protéines dont il a besoin chaque jour pour fonctionner.
Sur le papier, c’est facile. Là où ça se corse, c’est dans l’habillage des aliments que nous mangeons, dans la donné irréductible du plaisir et dans le fait que l’appétit outrepasse sa stricte dimension organique.
Mets raffinés, menus complets avec mise en valeur de la viande, fromages…. Sur le couvert et sous couverts de l’alimentation nécessaire se cachent des sources de prise de poids que nous ne voyons pas. Et puis il y a le plaisir. C’est bon de manger des aliments qui sont bons. C’est comme ça, nous sommes des êtres du goût. Enfin,il y a tous ces mécanismes psychologiques de compensation, d’oubli, de substituts qui prennent la nourriture comme objet transitionnel et qui permettent de comprendre ces conséquences douloureuses que sont l’obésité ou l’anorexie.

Le livre du docteur Marie Thirion (« Pourquoi j’ai faim ») explore les méandres de ce besoin-désir qui pose tant de problèmes. Elle nous rappelle que nous sommes génétiquement et culturellement programmés depuis l’homme de Neandertal pour grignoter n’importe quand et de manger tant qu’il y a de la nourriture pour assurer un travail musculaire intense et quotidien.

Sauf qu’à notre époque, l’obligation de chasser et de cueillir pour manger a disparu. Le temps consacré à la recherche à la préparation de la nourriture s’est énormément réduit. Nous sommes des sédentaires qui vivons dans l’abondance. Et ce trop plein de nourriture est d’autant plus dangereux qu’il s’agit d’une alimentation préparée et riche.

Marie Thirion évoque donc un hiatus entre nos dispositions alimentaires et la réalité de nos usages nutritionnels.

Régimes et soins médicaux en tous genres

La nostalgie des temps préhistoriques étant très peu efficiente en soi, il nous reste la quête des attitudes ou des décisions qui nous permettront de limiter les effets de cette consommation avide sans commune mesure avec nos besoins structurels.

Ce sont ces régimes dont un nouvel avatar semble sortir de nulle part toutes les semaines ou tous les mois. Prescription médicale ou mode ? Nous avons fini par comprendre que les régimes ne servent à rien parce que fondamentalement notre organisme est plus malin que nous.

Oui, le corps stocke. Il stocke car il constaté de la pénurie. Et quand le corps stocke, il engrange des réserves de graisse. Des graisses-poubelle nous dit le médecin, celles-là même qui expliquent l’apparition puis la croissance de nos bourrelets. Ceux-là même qui justifieront cette chirurgie en Tunisie qui coûte peu chère en regard des régimes diététiques ou des opérations du même acabit qu’on aurait faites en France.

La chirurgie n’étant ici qu’une des modalités de la très large offre de soins médicaux ou supposés tels qui doivent nous aider à retrouver la ligne et à ne plus ressembler à des baudruches. On comprend du coup pourquoi les nutritionnistes ne sont pas de trop dans ce monde où le trop plein de nourriture est une gifle permanente à des modèles de physionomie qui supposent son rejet.

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