Confronter le tabou

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La médecine s’extrait de la gangue du tabou. Elle autopsie quand la dépouille est sanctuarisée. Elle émet des hypothèses sur la circulation sanguine, quand le sang est sacralisé. Elle invente même cette prophylaxie aujourd’hui basique qui consiste à se laver les mains avant d’ausculter ou d’inciser à une époque où ce geste est jugé intolérable.

Le saut qualitatif qui dans l’histoire permet à la médecine de devenir efficace, c’est-à-dire de passer de l’art à la science, il se perpétue. Non plus contre les anathèmes religieux. Mais contre la vitalité de principes moraux entravants quasiment infantiles.

Je vous donne un exemple. On a longtemps dit que la liposuccion, cet acte presque terrifiant qui pouvait causer des anémies sévères, devait être réalisé avec force précautions : comprenez en superficie et en type de patients.

Rétrospectivement, on s’aperçoit que cette prévention n’avait ni queue ni tête puisqu ’on peut parfaitement extraire jusqu’à  litres de graisse sur plusieurs zones de l’anatomie et qu’en plus, cette intervention-et sauf cas particuliers- est efficace sur à peu près tous les échelons de la pyramide des âges.

Rétrospectivement toujours, on s’aperçoit que l’ombre jeté sur la liposuccion, n’est rien d’autre que la puissance du souvenir inconscient des outrages de la saignée. Retirer de la graisse en grande quantité, n’est-ce pas assimilable à cette vertigineuse thérapeutique ancestrale qui reposait sur l’idée que le sang évacué était un sang « chargé » en humeurs mauvaises ?

Donc, au final,notre pratique, la chirurgie esthétique en Tunisie, est le résultat d’un combat gagné contre certaines arriérations qui disaient par exemple qu’il est dangereux de retirer trop de liquide graisseux et surtout sur n’importe qui. Oui, c’est une confrontation gagnée avec le tabou, celle qui  dans les années 80 avec des visionnaires comme Illouz fait avancer une technique qui a toujours autant de vertus.

Ne l’oublions pas. Nous parlons d’un acte chirurgical qui fait disparaître des causes morbides sans doute avant que de faire disparaître des occasions d’être mal à l’aise avec son esthétique. Le corps fabrique des graisses pour stocker des réserves d’énergie, mais dans un monde où la satisfaction des besoins caloriques pour créer cette énergie est surnuméraire, il faut bien trouver une solution pour traiter la graisse en trop.

Et ce n’est pas l’image péjorative de la vidange qui nuira à l’intérêt de cette intervention.

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